Curiosités lisboÚtes

On raconte qu’autrefois, les marins qui avaient bravĂ© les hautes mers en direction du BrĂ©sil, ramenaient avec eux des perroquets, trĂšs familiers de ce pays. De retour, c’était alors une grande fiertĂ© d’exposer Ă  la porte de leur maison ce magnifique oiseau exotique aux plumes chatoyantes : il Ă©tait la preuve vivante qu’un des occupants Ă©tait un marin chevronnĂ© et courageux.

Aujourd’hui, cette importation est bien sĂ»r interdite
 mais la tradition perdure grĂące aux serins qui prennent l’air dans des cages accrochĂ©es aux fenĂȘtres des quartiers populaires d’Alfama et de la Madragoa.

Les fenĂȘtres garnies de vĂȘtements en train de sĂ©cher font partie des dĂ©cors familiers des rues mĂ©diĂ©vales de Lisbonne. Chemises, serviettes, T-shirts, bien alignĂ©s comme dans un dĂ©filĂ©, sont exposĂ©s au caprice du vent et du soleil. C’est un avantage des pays du sud oĂč le temps est souvent clĂ©ment. Les femmes (trĂšs rarement les hommes !) se haussent sur un tabouret pour se pencher sur le rebord. 

Elles utilisent de grosses cordes qu’elles tendent au bout d’un bĂąton, ou encore un cĂąble accrochĂ© Ă  chaque coin de la fenĂȘtre qui roule grĂące Ă  deux petites poulies. En gĂ©nĂ©ral, mal huilĂ©es, ces poulies Ă©mettent un bruit caractĂ©ristique bien familier ! On Ă©tend son linge de jour, quand les voisins veillent, pour ne pas se le faire voler.

Se promener dans ces ruelles permet un jeu amusant de devinettes sur les occupants. Par pudeur, on dispose les culottes dans les intervalles des autres piĂšces. Dans les immeubles rĂ©cents, cette pratique a disparu. EspĂ©rons que le linge continuera Ă  Ă©gayer les fenĂȘtres lisboĂštes, comme un clin d’Ɠil Ă  la douceur de vivre traditionnelle


Vous connaissez tous la Ginjinha. Mais connaissez-vous aussi l’Eduardino ?

La tradition raconte qu’au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, une compagnie de cirque italienne vint Ă  Lisbonne pour prĂ©senter un spectacle au Coliseu dos Recreios. Dans la troupe, il y avait un clown appelĂ© Eduardo qui, quotidiennement, en fin d’aprĂšs-midi, venait Ă  la taverne de M. Lima pour dĂ©guster une Ginjinha. Un jour, il eut l’idĂ©e de demander un cocktail des diffĂ©rentes bouteilles exposĂ©es. A la grande surprise du propriĂ©taire, le client sembla satisfait. Le mĂ©lange avait un goĂ»t agrĂ©able. Alors M. Lima eut l’idĂ©e de remplir une bouteille de ce mĂ©lange et lui donna le nom de son nouveau client ; l’Eduardino Ă©tait nĂ©. Les habituĂ©s l’apprĂ©ciĂšrent aussi immĂ©diatement. M. Lima monta alors dans son arriĂšre-boutique un atelier pour remplir les bouteilles et les vendre aux maisons lisboĂštes spĂ©cialisĂ©es en liqueurs. C’est ainsi que l’Eduardino est devenu une liqueur typiquement lisboĂšte.

A déguster à A Ginjinha sem rival, au tout début de la rua das Portas de São Antão.

AprĂšs le terrible tremblement de terre de 1755, le Marquis de Pombal ordonna l’utilisation obligatoire de “murs Ă  la façon de cage Ă  oiseaux (=gaiola). 

Il s’agit de poutres en bois disposĂ©es verticalement et obliquement dont les interstices sont remplis de mortier (en gĂ©nĂ©ral des petites pierres calcaires irrĂ©guliĂšres, du sable et de la chaux). Ce type de construction est anti-sismique car il permet de dissiper l’Ă©nergie du sĂ©isme entre les diffĂ©rentes composantes de la construction.

Ces boĂźtes au ventre rouge furent les tĂ©moins d’une Ă©poque oĂč les lettres Ă©taient un moyen de communication essentiel, oĂč les timbres s’achetaient patiemment aux guichets des CTT et oĂč la lettre mettait du temps Ă  parvenir Ă  son destinataire.

Il semble qu’elles aient Ă©tĂ© importĂ©es de Londres dans les annĂ©es 1880. Plus tard, en 1932, apparurent les premiĂšres cabines tĂ©lĂ©phoniques britanniques, enfin Ă  partir des annĂ©es 1960, les autocars Ă  impĂ©riale.

«Made in England», ils furent tous les trois des icones du mobilier ou de l’environnement urbain de Lisbonne, au XXe siĂšcle.  Il faut photographier ces boĂźtes Ă  lettres devenues aujourd’hui des piĂšces de musĂ©e.

Linge aux fenĂȘtres

Métro Laranjeira

Ouverte depuis dĂ©cembre 2007, cette station  permet aux voyageurs qui dĂ©barquent du train (ou vice-versa), d’accĂ©der directement au mĂ©tro. Comme toutes les autres stations, la dĂ©coration s’inspire de l’environnement extĂ©rieur. C’est pourquoi l’architecte Leopoldo Rosa, qui a conçu les panneaux d’azulejos, et l’artiste plastique JosĂ© Santa BĂĄrbara, ont choisi de dĂ©dier leurs deux panneaux aux cheminots. L’un reprĂ©sente le personnel qui s’occupe des voies et l’autre celui de la traction. Les artistes se sont inspirĂ©s de photos du milieu du XXĂšme siĂšcle et de gravures qui rappellent le temps oĂč le fleuve lĂ©chait l’ancien couvent de Santa ApolĂłnia.

Les azulejos ont Ă©tĂ© fabriquĂ©s par la cĂ©lĂšbre FĂĄbrica ViĂșva Lamego.

La maison qui dispose d’une boutique cĂŽtĂ© rue et d’un atelier au fond, Ă  l’abri des regards, a en effet ouvert ses portes en
 1789 ! C’est Ă  cette date que le fondateur dĂ©nicha, dans la France en effervescence, une recette magique, encore inconnue au Portugal, pour fabriquer des bougies avec de la cire d’abeille. Le « Cereeiro do Loreto » produisait des bougies d’excellente qualitĂ© et les fournissait si rapidement qu’il devint fournisseur exclusif de la Maison Royale, du tout proche Théùtre SĂŁo Carlos 
 et mĂȘme des « Ilhas e do Brasil ». Vers 1850, les parois murales furent revĂȘtues de vitrines en bois de teck et acajou, surmontĂ©es d’ogives en forme de flamme. C’est encore ce dĂ©cor unique qui accueille aujourd’hui les clients en quĂȘte de cierges religieux ou de bougies dĂ©coratives dĂ©clinĂ©es sous toutes les formes, couleurs
 et mĂȘme odeurs. 

Ils sont prĂ©sents partout, sur le blason, les lampadaires, souvent reprĂ©sentĂ©s en mosaĂŻque bicolore sur les trottoirs, et mĂȘme sur les poubelles municipales ! La lĂ©gende raconte qu’ils furent, pendant des siĂšcles, les gardiens de la cathĂ©drale… 

C’est Ă  cause de Saint Vincent, le saint patron des lisboĂštes : martyrisĂ© sous l’Empereur DioclĂ©tien, au IVĂšme siĂšcle d. C., vers Valence, son corps aurait Ă©tĂ© transportĂ© en cachette par bateau par des ChrĂ©tiens jusqu’à l’extrĂȘme pointe Sud-Ouest du Portugal. LĂ , des corbeaux auraient protĂ©gĂ© son tombeau pendant des siĂšcles. Dans la seconde moitiĂ© du XIIĂšme siĂšcle, le premier roi du Portugal, D. Afonso Henriques, aurait fait rapporter son corps jusqu’à la cathĂ©drale. Les corbeaux auraient suivi Saint Vincent


C’est Ă  la station de mĂ©tro “Laranjeiras” (= orangers) qu’elles s’affichent sur les murs. Il s’agit d’un double procĂ©dĂ© original (de photographie et de reproduction sur cĂ©ramique) qui a Ă©tĂ© mis au point par le plasticien Rolando SĂĄ Nogueira. Jusqu’alors, les panneaux Ă©taient peints manuellement. Ces compositions aux couleurs chaudes rĂ©chauffent les couloirs Ă  la dominante rĂ©solument froide et blanche. Petites ou grandes selon la perspective, entiĂšres ou coupĂ©es en deux, flottant sur un nuage bleu foncĂ© ou entourĂ©es de feuilles vertes, les oranges « das Laranjeiras » attirent l’Ɠil des passagers du mĂ©tro.

Il y a fort longtemps vivaient en Algarve un prince chrĂ©tien et une princesse nordique. Ils Ă©taient trĂšs heureux ensemble jusqu’au jour oĂč le prince remarqua que la princesse devenait de plus en plus triste au point de, parfois, ne plus sortir de sa chambre. Alors, craignant le pire, le prince rassembla tout son courage et lui demanda si elle l’aimait encore…

« Bien sĂ»r, lui rĂ©pondit-elle, je t’aime autant que le jour oĂč je t’ai Ă©pousĂ©, mais, vois-tu, les paysages enneigĂ©s de mon pays me manquent beaucoup. Ici le soleil transforme les champs en vert ou en dorĂ© mais jamais je ne les vois blanc »  Alors, aprĂšs avoir longuement rĂ©flĂ©chi, il trouva LA solution : le prince fit planter par ses jardiniers des milliers d’amandiers autour du palais.

Un jour de fĂ©vrier, alors que la princesse se sentait trĂšs dĂ©primĂ©e, le prince vint la trouver et l’amena Ă  sa fenĂȘtre
 tout Ă©tait couvert de milliers de petites fleurs blanches. Des larmes de joie coulĂšrent sur les joues de la princesse. L’homme qu’elle aimait avait transformĂ© la terre marron en terre couleur de neige. Selon la lĂ©gende, c’est depuis ce jour qu’il existe autant d’amandiers en Algarve… et quelques-uns Ă  Lisbonne !

Vus de loin, les dessins bicolores semblent respecter indéfiniment la géométrie des formes. 

Mais, si on ralentit la marche en observant de plus prĂšs ce tapis minĂ©ral, on dĂ©couvre des variantes imprĂ©vues Ă  ces motifs imposĂ©s. Par exemple, Ă  l’intĂ©rieur d’un simple carrĂ© blanc se profilent ici une Ă©toile ou une fleur, lĂ  des boules superposĂ©es, plus loin encore des formes qui s’encastrent. Ces discrĂštes Ɠuvres d’art sont nĂ©es de l’imagination d’un paveur anonyme, de sa fantaisie du moment pour Ă©chapper Ă  la routine imposĂ©e. C’est pour lui un moyen d’attirer l’attention du passant, de personnaliser son travail, de le signer mĂȘme, Ă  la façon des tailleurs de pierre du Moyen Âge.

L’Ɠil non averti est surpris de dĂ©couvrir les tapis, souvent minutieux, qui ornent les trottoirs de la capitale. Ils sont fabriquĂ©s Ă  partir de petits cailloux blancs (calcaire) ou noirs (basalte), taillĂ©s par des spĂ©cialistes « os calceteiros ». Leur art consiste Ă  prendre un caillou dans la paume de la main, Ă  l’observer attentivement  pour trouver le meilleur endroit avant de  le couper avec un outil tranchant. Il est disposĂ© ensuite autour d’un patron en bois prĂ©dĂ©coupĂ© qui est appliquĂ© sur un lit de sable. Les petites pierres taillĂ©es sont assemblĂ©es le plus prĂšs possible les unes des autres, Ă  la façon d’une mosaĂŻque, autour de cette forme. Puis on retire le patron pour remplir la partie laissĂ©e vide avec des pierres d’une autre couleur. Les effets obtenus sont soit gĂ©omĂ©triques, soit plus contournĂ©s, ou encore figuratifs.

Ce garage Ă  la façade Ă©lĂ©gante peut paraĂźtre moderne mais il s’agit en fait d’un bĂątiment centenaire.

L’édifice a Ă©tĂ© projetĂ© par l’architecte Fernand Touzet selon les plans Eiffel et construit en 1906-1907. A l’époque, la rua Alexandre Herculano venait d’ĂȘtre percĂ©e. Les Ă©lĂ©ments les plus notables sont l’harmonieuse structure mĂ©tallique suffisamment large pour contenir 200 voitures, l’imposante façade de 42 mĂštres et les vitraux du 1er Ă©tage signĂ©s Claudio Martins. 

Alors que l’éclosion de l’automobile Ă©tait encore timide, son propriĂ©taire, l’industriel anglais Charles Bleck, apparut comme un prĂ©curseur et son initiative visionnaire fut saluĂ©e par les journaux

Le garage comprenait bien sĂ»r des ateliers de mĂ©canique, carrosserie, pneumatique et peinture mais aussi de forge, menuiserie, nettoyage des lanternes en cuivre et tapisserie ! Le carburant s’achetait en bidons mĂ©talliques ! Comme son nom le laisse deviner, “l’Auto-Palace” Ă©tait Ă©galement amĂ©nagĂ© d’une salle de lecture et d’un salon d’exposition accueillant et luxueux oĂč les plus fortunĂ©s commandaient une carrosserie sur mesure ! 

Depuis les annĂ©es 1950, ce garage est propriĂ©tĂ© de “Auto-Industrial S.A.”  Il a Ă©tĂ© classĂ© en 2002 par l’Ordre des IngĂ©nieurs Portugais parmi les 100 oeuvres remarquables d’ingĂ©nierie civile du XXÂș siĂšcle. A voir Ă  l’intĂ©rieur une sĂ©rie de photos anciennes prĂ©sentĂ©es au r/c du garage et les vitraux au 1er Ă©tage.

Vouloir pĂ©nĂ©trer dans un musĂ©e mĂ©connu du public oblige parfois Ă  commencer par une dĂ©marche insolite : celle de dĂ©couvrir qui en dĂ©tient la clĂ© ! Ce musĂ©e mystĂ©rieux se cache au cƓur de la “Fundição de Cima”, en face du parvis du PanthĂ©on national.

Pour l’atteindre, il faut franchir un portail militaire qui porte l’inscription 1762, puis une rampe pavĂ©e et en coude, avant de dĂ©boucher sur une cour intĂ©rieure. Il se compose d’une piĂšce unique qui renferme de nombreux moules de statues lisboĂštes. C’est en effet dans ces lieux – les ateliers de l’Arsenal de l’armĂ©e – qu’elles furent fondues ; la statue Ă©questre du roi D. JosĂ©, qui trĂŽne depuis 1775 au milieu de la Place du Commerce, releva de l’exploit car c’était la premiĂšre fois qu’une entreprise de cette envergure Ă©tait menĂ©e Ă  bien dans l’Arsenal. La statue mesure 6,93 m. ! Le moule, qui se trouve lui aussi dans ce musĂ©e, est si haut qu’il ne peut ĂȘtre retirĂ© de cet espace ! Il est intĂ©ressant de s’en approcher pour apprĂ©cier sa taille ; le plus simple est de s’y rendre – aux heures de bureau – et de nettoyer une vitre pour apercevoir, de l’extĂ©rieur, ces prĂ©sences imposantes et muettes, sans chercher Ă  entrer dans le musĂ©e. 

Depuis peu, on peut tĂ©lĂ©phoner au MusĂ©e militaire pour organiser une visite du musĂ©e secret…

AprĂšs le tremblement de terre du 01/11/1755, le Marquis de Pombal imposa la reconstruction du quartier bas – A Baixa – selon un type d’architecture moderne et obligea Ă©galement les commerçants Ă  s’installer dans des rues qui leur Ă©taient dĂ©signĂ©es, en fonction des articles qu’ils vendaient. De nos jours, ces regroupements corporatifs existent encore en partie (rua do Ouro, da Prata, dos Sapateiros, dos Douradores
).

La grande place du quartier, le Rossio, devait regrouper les chapeliers. Jusque dans les annĂ©es 1960, la biensĂ©ance imposait de marcher dans la rue en portant un chapeau. C’est pourquoi ce chapelier Azevedo Rua Ă©tait encore trĂšs prisĂ© au milieu du XXÂș par toutes les couches sociales, des ouvriers au PrĂ©sident de la RĂ©publique.

Aujourd’hui la vitrine affiche une grande nostalgie. C’est la derniĂšre boutique survivante de ce commerce relique. Il faut y pĂ©nĂ©trer pour ressentir cette atmosphĂšre d’antan et admirer l’élĂ©gance des coiffes et des cannes.

Chapelaria Azevedo

EstĂĄdio da Luz

La diva du fado a vĂ©cu dans cette maison des annĂ©es 1950 jusqu’à sa mort, le 6 octobre 1999. Des visites guidĂ©es quotidiennes (sauf le lundi) y sont organisĂ©es. On y retrouve avec Ă©motion des vĂȘtements et objets personnels, des tableaux et des dĂ©corations honorifiques qu’elle a reçues
 sans oublier un piano Ă  queue, une guitare portugaise et quelques chĂąles noirs avec lesquels elle se couvrait les Ă©paules quand elle chantait.

Les rÚgles de priorité, une bien vieille histoire !        

“ANNO DE 1686 / SUA MAGEST ORDENA Q OS COCHES SEGES E LITRAS QUE VIERAM DA PORTARIA DO SALVADOR RECUEM PA A MESMA PARTE”.

Traduction: Sa MajestĂ© ordonne que les carrosses, voitures Ă  cheval et litiĂšres (tirĂ©es par deux chevaux, un devant et un derriĂšre) qui viennent  de l’entrĂ©e du Couvent du Sauveur, reculent d’oĂč ils viennent.

Cette plaque se trouve au milieu de la rua do Salvador, trĂšs exactement au numĂ©ro 26. Cette Ă©trange pierre sculptĂ©e est enchĂąssĂ©e dans un mur, Ă  hauteur d’homme : Ă  y regarder de prĂšs, il s’agit d’une plaque de circulation du XVIIÂș siĂšcle ! Comme la circulation s’écoulait dans les deux sens, lorsqu’un attelage y pĂ©nĂ©trait, le cocher ne voyait pas si l’autre extrĂ©mitĂ© Ă©tait libre ou encombrĂ©e par d’autres chevaux car cette rue a la fĂącheuse particularitĂ© d’ĂȘtre fort Ă©troite et… en coude ! Pour compliquer encore la tĂąche, le cĂŽtĂ© sud de ce “boyau” dĂ©bouchait prĂšs du “Convento do Salvador”, un des plus riches couvents Ă  l’époque. La circulation (Ă  cheval !) Ă©tait si intense qu’il fallut la rĂ©glementer pour Ă©viter les continuelles disputes. Cette plaque obligeait donc les attelages venant du couvent Ă  reculer pour laisser le passage.

BibliothĂšque de l’ArmĂ©e

DĂ©couvrir la « Livraria dos Paulistas » relĂšve du jeu de piste ! Elle se cache au 1er Ă©tage du Couvent dos Paulistas. Sa situation obĂ©it, comme Ă  Mafra, aux canons de l’époque : les salles de lecture et d’études devaient ĂȘtre isolĂ©es dans la partie haute et accessibles uniquement par une petite porte. La salle est spacieuse, bien Ă©clairĂ©e, les hauts murs de 9,50 m. sont tapissĂ©s d’étagĂšres en bois de chĂątaignier richement travaillĂ©. Elle renferme environ 14.300 volumes dont certains datent du XVIÂș et du XVIIÂș siĂšcle : une « Cosmographie » de Sebastien Munstero (1550), le « Théùtre du monde ou Novel Atlas » raturĂ© par l’inquisition (1648)
 Adressez-vous au sympathique M. Carlos Cid. Il vous montrera religieusement quelques-uns de ces trĂ©sors. Depuis 1837, elle est Ă  la charge de l’ArmĂ©e et, actuellement, la seule qui soit ouverte au public.

 

BibliothĂšque de l’AcadĂ©mie des Sciences

Voici une bibliothĂšque presque inconnue et pourtant Ă©tonnante par ses dimensions exceptionnelles et par la qualitĂ© des volumes qu’elle renferme. Elle se trouve, ici aussi au 1er Ă©tage, dans l’ancien Convento de Jesus da Ordem Terceira de SĂŁo Francisco, rĂ©partie sur trois piĂšces diffĂ©rentes : l’immense Salon Noble et la petite salle de lecture attenante, toutes deux couvertes d’étagĂšres et de balcons en bois sculptĂ©, et une derniĂšre plus moderne. Y sont conservĂ©s, bien sĂ»r, les documents de l’ancienne et inestimable bibliothĂšque du couvent. Elle contient entre autres 3.000 manuscrits arabes, hĂ©braĂŻques, portugais et espagnols, des livres prĂ©cieux comme « O livro de Horas da Condessa de Bertiandos (XVIÂș), « O Livro dos BrasĂ”es », « O Livro das Armadas » (1563), l’incunable “Biblia Magunti » (1462) et la premiĂšre Ă©dition de « Os LusĂ­adas » (1572). Le plus incroyable, c’est que bon nombre de ces originaux sont pour le moment encore consultables Ă  condition de revĂȘtir des gants prĂȘtĂ©s pour l’occasion !

 

Le rÎle de cette bibliothÚque ne se limite pas à la conservation des vieux écrits. Elle a également pour mission de conserver tous les articles, textes, et livres publiés récemment au Portugal dans le domaine des Sciences et Humanités.

Le Vicomte JosĂ© de Alvalade, un des fondateurs du “Sporting Clube de Portugal”, avait dĂ©clarĂ© : « este serĂĄ um clube tĂŁo grande como os maiores da Europa »  Son souhait a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© puisque le club compte aujourd’hui environ 5.000 athlĂštes qui pratiquent 21 modalitĂ©s diffĂ©rentes. Un premier stade a Ă©tĂ© inaugurĂ© en 1956 ; y eurent lieu plus de 2.300 jeux. Comme les conditions acoustiques sont excellentes, des chanteurs de grand renom s’y produisirent frĂ©quemment.

DĂ©moli aujourd’hui, le « vieux » stade a laissĂ© la place Ă  un nouveau, juste Ă  cĂŽtĂ©. L’architecte en chef – TomĂĄs Taveira – a imaginĂ© une couverture verte, soutenue par quatre Ă©normes mĂąts de 65 m. de haut. Si la couleur dominante est celle du club – verte et jaune – l’ensemble est trĂšs colorĂ©, en particulier les siĂšges et les murs. Sa capacitĂ© est de 52.000 places couvertes. 

Autour de cet espace central sont disposĂ©s un centre commercial, un health-club, 16 cinĂ©mas « millenium », une des plus grandes surfaces de bowling d’Europe, une clinique spĂ©cialisĂ©e dans les lĂ©sions sportives, un centre d’escalade
 

 

Le stade a Ă©tĂ© inaugurĂ© le 6 aoĂ»t 2003 avec le match Manchester United / Sporting, ce qui a permis de dĂ©tecter des failles dans l’organisation. Par suite du peu d’ensoleillement, de la chaleur estivale trĂšs forte et de la mauvaise ventilation Ă  l’intĂ©rieur du stade, des champignons microscopiques rongĂšrent la pelouse. AprĂšs cinq matchs seulement, il fut dĂ©cidĂ© d’enlever l’herbe et le sable dont le grain Ă©tait trop gros. On fit appel Ă  la mĂȘme entreprise espagnole qui s’était chargĂ©e avec succĂšs de l’installation de la pelouse du stade du Real Madrid ; pour un coĂ»t de 700.000 euros, furent Ă©tendues une nouvelle couche de sable plus fin, des fibres synthĂ©tiques entrelacĂ©es trĂšs serrĂ©es, et par-dessus, des bobines d’herbe naturelle qu’il fallut dĂ©rouler, allonger et coudre mĂ©caniquement. 

AprĂšs cinquante ans d’existence, le “vieux” EstĂĄdio da Luz a laissĂ© la place Ă  un nouveau « ninho das ĂĄguias ». Son architecte en chef – l’australien Damon Lavelle – n’en est pas Ă  son coup d’essai puisque c’est lui qui a dessinĂ© le stade olympique de Sydney. Il a conçu la nouvelle cathĂ©drale du Benfica avec des grands arcs et des colonnes d’acier, dans un style sobre et des tonalitĂ©s rouges et grises. La capacitĂ© est de 65.000 places couvertes. Les gradins sont ici plus obliques et les siĂšges « rouge Benfica ». Deux Ă©crans gĂ©ants sont accrochĂ©s derriĂšre les buts.

Pour ne pas renier son nom (« luz » = lumiÚre), la couverture translucide laisse passer la luminosité naturelle et donne une impression de légÚreté. Autour du stade sont disséminés 156 loges pour les entreprises et une présidentielle, une zone V.I.P., des installations sportives trÚs variées, deux health-clubs, des espaces spécialement dessinés pour les handicapés, et aussi un megastore, 55 bars, deux restaurants panoramiques, enfin, le musée du club, dans la partie Est.

Ce stade est Ă©galement bordĂ© d’une route circulaire. Sous la pelouse sont cachĂ©es 1.410 places de parking sur trois Ă©tages.C’est dans ce stade que s’est disputĂ©e la finale de l’Euro 2004, le 4 juillet 2004.

L’origine de ce surnom attribuĂ© aux habitants de Lisbonne est incertaine. Certains affirment que ce qualificatif proviendrait de leur goĂ»t prononcĂ© Ă  manger de la salade (= alface), ou encore de leur habitude Ă  se rendre dans la campagne environnante (= “ir Ă s hortas arrabaldinas”) pour profiter de la fraĂźcheur et du calme.

D’autres prĂ©tendent que l’aspect dĂ©licat des feuilles de salade Ă©tait comparĂ© au XVIIIÂș siĂšcle Ă  la façon de s’habiller et de vivre des Ă©lĂ©gants (encore appelĂ©s “janotas”), Ă  la fois indolents et affectĂ©s dans une cour pacifiste et formaliste.“Alfacinha” (= petite salade) prit alors une connotation pĂ©jorative.

Par la suite, il s’appliqua Ă  tout citadin, en opposition au provincial, plus rustre dans ses maniĂšres. Enfin, Ă  partir du XXÂș siĂšcle, et encore aujourd’hui, il qualifie indiffĂ©remment les LisboĂštes.

Si en France le mĂ©tier d’herboriste a pratiquement disparu au profit de celui de pharmacien, au Portugal les herboristes continuent lĂ©galement de pratiquer cette science basĂ©e sur la tradition. Du nord au sud du pays, certains villageois ramassent et sĂšchent les feuilles, tiges, racines, tubercules, fruits, fleurs et graines, selon leurs propriĂ©tĂ©s respectives. Puis ils les revendent Ă  des grossistes qui les conditionnent. La plus ancienne «ErvanĂĄria» de Lisbonne, celle du Largo da Anunciada (Restauradores) existe depuis 1793 ! Deux autres, dans la rua da Madalena, Ă©taient tenues par la mĂȘme famille. On peut y acheter les fameux «Rebuçados peitorais 1793» contre la toux. Un prospectus vous sera offert pour vous guider dans votre choix. Un conseil qui ne me semble pas sĂ©rieux : demandez Ă  voir les «Pepinos-de-sĂŁo-gregĂłrio», de petits concombres baignant dans l’alcool qu’il suffit de respirer pour guĂ©rir de la sinusite…ou encore des bĂątons d’encens (cf. photo) pour rĂ©soudre vos «casos impossĂ­veis» et vos «casos amorosos» !!

TrĂȘve de plaisanterie, la consommation de ces produits naturels tend Ă  augmenter au dĂ©triment des produits synthĂ©tiques vendus en pharmacie.

Il n’y a pas bien longtemps encore, les grand-mĂšres gardaient prĂ©cieusement les pantalons et les chemises de grosse toile de leur mari, mĂȘme fort usagĂ©s.  La ville Ă©tait loin, les communications difficiles, rien ne devait ĂȘtre gĂąchĂ©… Durant les longues soirĂ©es d’hiver, assises devant l’Ăątre oĂč elles se rĂ©chauffaient, elles tricotaient, faisaient de la broderie ou du crochet ou confectionnaient ces fameux chaussons pour toute la famille.

Ceux-ci sont originaires de la rĂ©gion de Guarda et sont en vente Largo da Olaria, dans une droguerie de la Mouraria, au prix de 2,95€.

Ces lambris dĂ©coratifs de style Art Nouveau qui dĂ©corent les murs de certaines boulangeries sont des tĂ©moins silencieux du dĂ©but du XXÂș. Á l’extĂ©rieur, ils permettaient  d’attirer l’attention du client et annonçaient les produits en vente Ă  l’intĂ©rieur. L’esthĂ©tique nouvelle (la forme arrondie des dessins, les couleurs chaudes, la brillance des murs) Ă©taient synonymes de modernitĂ©. C’était Ă©galement pour le client l’assurance de la propretĂ© des lieux puisqu’ils Ă©taient d’un entretien facile. 

Ces intĂ©rieurs Art Nouveau sont gĂ©nĂ©ralement assortis d’un plafond en stuc travaillĂ© et d’un comptoir en bois avec un dessus en marbre. Les azulejos de la photo proviennent sans doute de la fabrique de faĂŻence de Caldas da Rainha.

Mais ces quelques boulangeries Ă  l’odeur rurale sont des miraculĂ©es en voie de disparition qu’il faut photographier rapidement


Encore appelĂ© “PalĂĄcio das CampaĂ­nhas” Ă  cause des clochettes en verre qui pendent d’une voliĂšre du jardin, cet Ă©lĂ©gant Ă©difice remonte Ă  1840. La Baronne da Regaleira en Ă©tait la propriĂ©taire. Façade revĂȘtue d’azulejos et d’un fronton simulant le soleil.  L’intĂ©rieur conserve des peintures et des cĂ©ramiques des trois frĂšres et soeur Bordalo Pinheiro. 

La mairie de Lisbonne, actuelle propriétaire, y a installé une agréable bibliothÚque consacrée à la capitale.

Palais Beau-Séjour

Les cireurs de chaussures

Cette maison cachĂ©e derriĂšre des Ă©chafaudages, oubliĂ©e de tous, est la maison natale de ce grand olissipographe. Laissons le parler :”Ici, dans ce petit coin de la fondition – c’est comme cela que l’on dĂ©signe ce lieu – si modeste, si “Alfama d’en haut” j’ai raison de m’arrĂȘter quelques instants. Dans cet immeuble qui fait le coin – un palais de la fin du XVIIĂšme siĂšcle, au rez-de-chaussĂ©e qui est plus humble, se sont dĂ©roulĂ©es ma premiĂšre enfance et ma jeunesse. C’est ici que mes parents se mariĂšrent et que mes grands parents vivĂšrent cinquante ans… Tout Lisbonne, finalement, est une “Saudade”. MĂȘme ceux qui n’ont pas de toit pour mourir, dans une humble maison ils sont nĂ©s un jour”. (PeregrinaçÔes em Lisboa, livro VIII).

SituĂ© devant la gare Santa ApolĂłnia, voici un des derniers abreuvoirs en fonte offerts Ă  la mairie, en 1882, par JĂșlio de Andrade qui fut Directeur de la Banque du Portugal, et un des membres fondateurs de la SociĂ©tĂ© Protectrice des Animaux. 

Il acheta mĂȘme une fourgonnette pour secourir les animaux dans la rue. 

Sur le panneau, on peut lire cette recommandation : 

« Ayez de la compassion pour les pauvres animaux qui vous aident à vivre ».

 De nos jours, l’eau du robinet Ă©tanche la soif des passants
 bipĂšdes ! 

Il en existe un autre Praça Principe Real.

Depuis quelques annĂ©es, la quiĂ©tude du jardin botanique est troublĂ©e par les cris perçants d’une colonie de grosses perruches aux couleurs vives, sans doute Ă©chappĂ©es de captivitĂ©. Elles volent toujours haut et vite, sont trĂšs bavardes, mĂ©fiantes et malignes. Au petit matin, elles s’installent dans les palmiers ou les orangers des jardins. Avec leur bec pointu et beaucoup d’habilitĂ©, elles percent un petit trou dans la peau des oranges et se rĂ©galent
 

Cette perruche a acceptĂ© de poser dans les branches d’un avocatier. 

La figure typique du cireur de chaussures apparaßt dans tous les romans classiques, chez le barbier ou au café, au Rossio, Praça da Figueira ou au Chiado.

C’est une habitude comparable Ă  celle de se faire la barbe, toujours mieux faite que chez soi. HabituĂ©s ou gens de passage, tous apprĂ©cient « o jeito, o toque e a conversa ».

La Mairie de Lisbonne cĂšde aux cireurs de chaussures un emplacement fixe en Ă©change du paiement mensuel d’une taxe (« licença »). Un tabouret, des boĂźtes de cirages achetĂ©es juste Ă  cĂŽtĂ©, au Poço do BorratĂ©m, des brosses et des chiffons, c’est tout l’investissement dont ils ont besoin. Le prix varie suivant le type de chaussures.

Lisbonne est sûrement une des derniÚres capitales à posséder encore de grands lavoirs en fonctionnement dans les quartiers populaires, comme à Alfama ou à la Madragoa.

La lavandiĂšre fort ĂągĂ©e de cette photo (plus de 80 ans !) est originaire d’Ovar, au sud de Porto (d’oĂč le nom « ovarina, O Varina, varina » = marchande de poisson). Elle est la cadette de 9 enfants et la seule survivante. Elle a vĂ©cu toute sa vie ici, Ă  la Madragoa, oĂč elle Ă©tait « varina » et aussi lavandiĂšre. Aujourd’hui, elle ne peut plus laver les lourdes piĂšces de tissus ou les tapis, seulement les carpettes. 

Les Varinas ne sont plus que quelques-unes en activitĂ©, mais elles restent immortalisĂ©es par les poĂštes et les artistes ; le 12 juin au soir, durant les fĂȘtes de Lisbonne, ce sont elles qui symbolisent le quartier de la Madragoa : elles dĂ©filent pieds nus sur l’avenida da Liberdade, pendant les marches populaires, le panier en osier posĂ© sur la tĂȘte.

C’est dans l’étroite et courte rua do Olival (presque en face du MusĂ©e d’Art Ancien) qu’a eu lieu cet Ă©vĂšnement  peu banal : trois voisines avaient dĂ©cidĂ© de fleurir leur façade alors que la circulation s’écoulait dans les deux sens. Comme trĂšs souvent les voitures frĂŽlaient de trop prĂšs les maisons, les pots disposĂ©s contre le mur Ă©taient invariablement Ă©crasĂ©s


Le spectacle Ă©tait si triste que la mairie du quartier fut sensibilisĂ©e Ă  ce problĂšme. Alors, par une belle journĂ©e, des bornes furent installĂ©es pour barrer la rue.  La vie devint soudain paisible dans la petite rue, mĂȘme si ces vieilles dames peinent Ă  dĂ©placer cette collection de pots de toutes formes quand il faut repeindre les murs. Malheureusement l’une d’elle, celle qui habite au premier Ă©tage (cf la photo), est en ce moment hospitalisĂ©e ; alors, ses chĂšres plantes sont mortes de soif parce que « o marido nĂŁo liga » 

Cette ruelle, la Travessa da Peixeira, situĂ©e dans le bas de la rua SĂŁo Bento et au pied de l’AssemblĂ©e de la RĂ©publique, a la particularitĂ© d’ĂȘtre en pente et de se terminer par un escalier. Une dame Ă  la main verte, rapidement suivie par ses voisines, eut l’idĂ©e de fleurir le pas de sa porte et d’installer des jardiniĂšres au milieu de la petite rue, juste en-dessous de la rambarde. 

Mais voilĂ … les plants de tomates, les ficus, les hortensias, les fougĂšres, les lierres, les arbustes de toutes sortes grandirent et gĂȘnĂšrent les personnes ĂągĂ©es pour s’agripper Ă  la rambarde. La Police municipale vient d’intervenir pour calmer les esprits en reculant les plantes les plus hautes contre le mur des maisons
 La lutte dans la ruelle des marchandes de poisson a Ă©tĂ© Ă©vitĂ©e de justesse !

Avant l’apparition et la gĂ©nĂ©ralisation des frigidaires, la solution la plus simple pour conserver le lait Ă©tait
 de garder les vaches Ă  portĂ©e de main ! C’est ainsi que jusque dans les annĂ©es 1920, Ă  Lisbonne, chaque laiterie cachait au fond de la boutique une ou plusieurs vaches que l’on trayait matin et soir. 

Les enseignes en azulejos nous rappellent cette époque révolue.

Autrefois, une multitude de marchands ambulants circulaient dans les rues de la capitale en poussant des cris stridents avec la voix ou avec un sifflet. Chaque petit mĂ©tier avait un signal sonore caractĂ©ristique qui permettait aux habitants de savoir qui passait dans la rue sans ĂȘtre obligĂ©s de se pencher Ă  la fenĂȘtre. Aujourd’hui, trĂšs peu ont subsistĂ©. On entend encore, mais trĂšs rarement, le sifflet estompĂ© par le bruit de la circulation, du ramoneur ou du rĂ©mouleur ambulant, comme sur la photo : il aiguise les couteaux et les ciseaux avec sa meule et souvent rĂ©pare aussi les parapluies.

Une étrange campagne circule dans la ville par le biais de feuillets distribués dans les lieux publics et les mairies de quartier : 

Se gosta dos pombos, colabore, não os alimente


Si vous aimez les pigeons, collaborez,  ne leur donnez pas à manger


Ce prospectus affirme que les nourrir contribue Ă  la reproduction excessive de l’espĂšce et que la Mairie se charge de leur fournir quotidiennement des aliments en doses calculĂ©es (30 g. par animal) ; elle ajoute des contraceptifs oraux en pĂ©riode de reproduction.

De plus, elle met en garde, surtout les enfants et les personnes ùgées qui sont ceux qui approchent le plus les pigeons, de la possibilité de contracter une maladie transmise à leur contact.

Lisbonne possĂšde de trĂšs belles crĂšches baroques imaginĂ©es sous le rĂšgne du roi JoĂŁo V par deux sculpteurs cĂ©lĂšbres : Machado de Castro et AntĂłnio Ferreira. À dĂ©couvrir Ă  la Fundação Ricardo do Espirito Santo Silva (Largo das Portas do Sol), au Museu Nacional de Arte Antiga (rua das Janelas Verdes), au Museu Nacional do Azulejo ou encore dans la BasĂ­lica da Estrela (Praça da Estrela), derriĂšre le tombeau de la reine D. Maria I. Cette derniĂšre, restaurĂ©e rĂ©cemment, est la plus somptueuse.

Le rémouleur ambulant

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